Mon travail consiste à concevoir des installations pensées pour les lieux qui les accueillent. J’y crée des dispositifs qui donnent à voir des phénomènes lumineux, acoustiques, ondulatoires ou volcaniques issus des sciences de la nature. À travers une pratique expérimentale menée en atelier, j’explore les propriétés de la matière et d’éléments tels que la lumière, le son, l’eau ou la
terre.
Ma recherche porte sur la manière de spatialiser l’apparition de ces phénomènes et sur la façon dont les contraintes propres à un lieu peuvent en révéler ou en intensifier la portée poétique. Chaque projet est envisagé comme un ensemble où les œuvres dialoguent entre elles, à la manière des éléments d’un même écosystème.
À l’opposée d’une pratique fondée sur l’illusion, je cherche à questionner notre rapport à ces phénomènes poétique tout en laissant le dispositif entièrement visible. Tout est donné à voir : les matériaux, les mécanismes. C’est précisément dans cette tension entre la simplicité des moyens mis en œuvre et l’expérience sensible qu’ils produisent que se situe mon travail.
Ma fascination pour le cinéma est à l’origine de mes premières sculptures et continue d’influencer ma manière de penser l’espace, la lumière, le mouvement et la temporalité.
J’ai toujours gardé en mémoire l’image d’un film qui sortirait de l’écran pour jaillir dans le réel et s’y perdre. Survivrait-elle, et qu’en resterait-il ?
Vibration, apparition, disparition, respiration.
À travers des dispositifs simples, je cherche à rendre perceptible ce qui persiste jusque dans l’absence : une lueur, une chaleur, un tressaillement. L’image devient alors une apparition fragile, un souffle susceptible de disparaître, qui semble nous murmurer quelque chose depuis l’invisible.
Leslie Martinelli

Vue d’ensemble de l’exposition Rumeur, en duo avec Julien Cohen dans les anciens locaux du label Pias, à Bruxelles. Résidence Friche, 2016.